Vous aviez tant attendu l'arrivée de votre bébé et pourtant, au milieu des câlins et des premières photos, quelque chose vous serre le cœur.

Les nuits s’emmêlent et les larmes montent sans prévenir. Prendre une douche vous donne l’impression d’avoir monté l’Everest, votre énergie vous file entre les doigts. Et vous vous surprenez à penser : « Est-ce que c’est normal de ne pas me sentir comblée ? ». Rassurez-vous : beaucoup de parents traversent ce brouillard des débuts.

Le baby blues ou « syndrome du 3ème jour » est un état mental assez courant, sans gravité et temporaire. Son apparition se fait généralement vers J+2 à J+3 après l’accouchement et disparaît en 1 à 2 semaine(s). Vous pouvez observer les symptômes suivants :

  • humeur changeante
  • pleurs plus faciles
  • irritabilité
  • sommeil perturbé et épuisement

Il vous est toujours possible de gérer le quotidien, malgré la tempête émotionnelle et la chute fulgurante des hormones.

Si ces ressentis persistent au-delà de 2 semaines et que tout devient lourd, on s’éloigne alors du baby blues pour entrer sur le terrain de la dépression post-partum.

Cet épisode dépressif, qui touche environ 20% des mères, peut survenir durant la première année de vie du bébé. Il apparaît généralement entre la 6ème et la 9ème semaine suivant l'accouchement.

Quand s'alerter ?

  • Des tâches du quotidien pourtant simples deviennent insurmontables
  • Vous ressentez une culpabilité accrue (comme l’impression d’être un mauvais parent)
  • Votre sommeil et votre appétit sont fortement perturbés
  • Vous vous isolez et vous sentez très anxieuse
  • Les activités autrefois appréciées ne vous procurent plus aucun plaisir
  • Vous évitez les contacts, même avec votre bébé

Commencez par un auto-dépistage bref puis parlez-en à une sage-femme, un(e) médecin ou le/la pédiatre de votre tout-petit.

Une psychothérapie pourrait être le socle du traitement. Des médicaments peuvent aussi être proposés selon la situation (y compris pendant l’allaitement) mais ne sont pas systématiques.

Dans une vidéo de l’ONE, Sabine raconte son expérience de la dépression post-partum. Une psychologue y partage également ses conseils pour gérer cette situation au mieux.

En complément d’un accompagnement médical indispensable et immédiat, vous pouvez aussi :

  1. faire une sieste quand une opportunité s’ouvre, même 10-15 minutes
  2. profiter de la lumière du jour tous les jours, même par temps gris
  3. dire « oui » quand quelqu’un propose une aide précise
  4. prévoir des repas simples et réguliers (sans objectif de perfection)
  5. envoyer message à une personne-ressource chaque jour
  6. vous ménager et, si possible, vous faire aider au maximum par votre entourage
  7. ne pas surcharger vos journées : misez sur un seul micro-objectif par demi-jour. Cela vous redonnera confiance de voir ce que vous parvenez à réaliser quand vous rationnalisez.
  • Est-ce que je risque d’abîmer le lien avec mon bébé ? Le lien d’attachement peut être fragilisé si la situation perdure. Chercher de l’aide est essentiel est donc essentiel pour protéger le relation mère-enfant. Être soutenue, c’est prendre soin de vous deux.
  • Et si je n’ai pas « envie » d’aide ? C’est fréquent en cas de dépression post-partum. Transformez l’aide en expériences test (une sieste pendant que votre bébé est gardé par quelqu’un, un appel à un ou une profesionnel(le) de santé, une rapide course sans bébé) et évaluez après. Bien souvent, vous verrez que cela vous aura finalement soulagée et que vous serez prête à réitérer, petits pas par petits pas.
  • Je culpabilise de ne pas être heureuse « comme prévu ». N’oubliez pas que la culpabilité est un symptôme, et aucunement une preuve de votre sentiment véritable vis-à-vis du bébé. Elle doit être traitée au même titre que le reste : avec du temps et un accompagnement adapté.

Ce que je vis est courant, compréhensible et peut être soigné. Je ne suis aucunement coupable de ce que je ressens. Demander de l’aide est une compétence, pas un aveu d’échec.

Vous avez des idées confuses, délirantes ? Le sentiment d’être déconnectée ? Des idées comme vous faire du mal ou faire du mal au bébé vous traversent l’esprit ? Appelez les urgences immédiatement !

D’autres troubles peuvent se manifester à la suite d’un accouchement comme la psychose puerpérale par exemple. Les services de secours et professionnels de santé sont là pour vous aider.

Quand l’adrénaline retombe après la naissance, il est normal d’être secouée. Mais si vous ne parvenez pas à retrouver votre joie de vivre d’avant, inutile de vous juger : ce n’est pas un manque de volonté, c’est un signal.

Parlez-en à une sage-femme, à votre médecin, à quelqu’un de confiance. Un échange, un relais pour dormir, une séance de thérapie, un pas dehors au grand air sont autant de petits gestes qui permettent d’y voir plus clair.

La maternité n’exige pas d’héroïsme solitaire : elle gagne à être entourée. En vous offrant du soutien, vous vous donnez, à vous et à votre bébé, de meilleures chances de traverser cette période avec douceur.

Article mis à jour le 16 mars 2026.