La dépression prénatale (ou dépression anténatale) désigne un trouble dépressif qui survient pendant la grossesse, et non après l’accouchement (comme c’est le cas pour la dépression post-partum, plus connue du grand public).
Elle peut se manifester à tout moment de la grossesse, bien qu'elle soit plus fréquente au cours du premier et du troisième trimestre.
Cette dépression n’est pas un simple coup de blues ou une fatigue passagère liée aux changements hormonaux. C’est un véritable trouble psychique, qui peut avoir des conséquences sérieuses sur la santé mentale et physique de la mère et de son entourage, ainsi que sur le développement du bébé.
La dépression prénatale peut se manifester de différentes façons, notamment :
Chaque personne est différente, et tous les symptômes ne sont pas nécessairement présents. C’est leur intensité et leur durée qui doivent alerter.
Selon les études, entre 10 et 20 % des femmes enceintes souffriraient de dépression prénatale. Ce chiffre est probablement sous-estimé, car de nombreuses femmes n’osent pas parler de leur mal-être par peur du jugement ou de ne pas être prises au sérieux.
Il est important de souligner que la dépression prénatale peut également toucher le coparent. En particulier chez les hommes, ce trouble reste très tabou et peu dépisté. Pourtant, entre 8 et 10 % des futurs pères souffriraient eux aussi de symptômes dépressifs pendant la grossesse de leur partenaire. Même si le coparent ne vit pas la grossesse de la même façon, il peut ressentir les changements en cours « en miroir ».
Il n’y a pas de cause unique. Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer une dépression prénatale :
Chez les futurs pères ou coparents, ces facteurs peuvent aussi se cumuler à un sentiment d’impuissance face à la grossesse, à des inquiétudes sur leur rôle ou encore à la pression de devoir « assurer ».
La dépression prénatale peut avoir des répercussions importantes, à plusieurs niveaux :
Il est donc crucial de reconnaître cette souffrance et d’agir rapidement.
"Je me sentais complètement dépassé. Ma compagne ne dormait plus, elle avait des crises d’angoisse. Je culpabilisais de ne pas pouvoir l’aider. Et en même temps, moi aussi je me sentais mal. Quand le médecin m’a proposé un rendez-vous juste pour moi, j’ai dit oui. Ça m’a permis de souffler, de poser mes questions et de prendre un peu de recul".
Le premier pas est souvent le plus difficile : oser en parler. Cela peut être à une personne de confiance, un·e professionnel·le de santé (sage-femme, médecin, psychologue) ou un·e travailleur·se social·e.
Il est important de se rappeler que ce n’est pas une faiblesse : demander de l’aide est un acte de courage, et un geste de protection, pour soi comme pour l’enfant à venir.
Certaines femmes expriment leur mal-être par des mots détournés : "Je n’arrive pas à me réjouir", "Je pleure tout le temps", "J’ai l’impression d’étouffer"… C’est pourquoi les professionnel·le·s de santé doivent rester attentifs à ces signaux pouvant passer inaperçus ou anodins.
Heureusement, des solutions existent pour vous aider. Le traitement de la dépression prénatale repose souvent sur une approche pluridisciplinaire.
Des séances de psychothérapie peuvent être proposées, en individuel ou en couple. Les approches les plus courantes sont les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), la thérapie de soutien ou encore la thérapie interpersonnelle.
Ces espaces permettent de partager ses émotions avec d'autres personnes traversant des difficultés similaires. Ils contribuent à briser l’isolement et à se sentir moins seul·e.
Dans certains cas, un traitement médicamenteux peut être envisagé. Il doit être prescrit et suivi de près par un·e professionnel·le compétent·e, en tenant compte des bénéfices et des risques pendant la grossesse.
Le soutien du coparent est essentiel, mais lui aussi peut être en détresse. Il est donc important qu’il puisse lui aussi être écouté, soutenu et accompagné s’il en ressent le besoin. De plus en plus de services de santé périnatale proposent des consultations pour les futurs pères ou partenaires.
"Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Tout le monde me disait que c’était censé être le plus beau moment de ma vie, mais moi je pleurais tous les jours. J’ai fini par en parler à ma sage-femme. Elle m’a écoutée sans me juger. Ça m’a libérée. J’ai entamé un suivi avec une psychologue, et j’ai retrouvé petit à petit un meilleur moral et j’ai pu vivre ma grossesse plus sereinement".
Claire souhaite insister sur l’importance d’un bon accompagnement : "c’est primordial ! Il ne faut pas avoir honte de ce qu’on ressent, on ne contrôle pas tout. Au fond, je savais que ça ne faisait pas de moi une mauvaise personne, mais j’avais besoin d’être soutenue et de l’entendre de la bouche d’une personne tierce, qui connaissait le sujet".
La prévention passe par plusieurs leviers :
Il est temps de lever le voile sur la dépression prénatale. Elle ne fait pas de vous une mauvaise mère, un mauvais père, un mauvais coparent. Elle est un trouble que l’on peut comprendre, accompagner et, surtout soigner.
Parler, c’est déjà commencer à guérir. Et chez Camille, nous sommes là pour écouter, soutenir et orienter.
Cet article n’a pas pour vocation de se substituer à un avis médical. Si vous avez des doutes ou que vous posez des questions, n’hésitez pas à :