Les pleurs du nourrisson sont parfois longs, fréquents et imprévisibles – surtout entre 2 et 4 mois. Manque de sommeil, isolement, charge mentale, stress… Dans ces moments d’épuisement, un adulte dépassé peut secouer un bébé pour « faire cesser les pleurs ».
Pourtant, même une seule secousse peut provoquer des lésions graves. C'est pourquoi secouer un bébé est considéré comme une maltraitance, même si le geste est impulsif.
En effet, les muscles du cou d’un nourrisson sont encore insuffisamment développés, ce qui implique des mouvements trop importants de la tête en cas de secousses. De plus, le cerveau « flotte » encore dans sa boite crânienne et il se cogne ; des vaisseaux se déchirent.
Hémorragies cérébrales et rétiniennes, lésions cervicales, convulsions, troubles respiratoires ou neurologiques (handicap, troubles cognitifs, cécité) voire décès. Les séquelles potentielles sont nombreuses.
Les signes d’alerte à surveiller sont : somnolence inhabituelle, irritabilité extrême, vomissements sans raison évidente, difficultés à respirer, tremblements, convulsions, perte de tonus, troubles de l’alimentation. C’est une urgence médicale.
La tête d’un bébé est en fait relativement lourde par rapport au reste du corps (12% du poids du corps contre 2% à l’âge adulte).
En Belgique, les bébés victimes de ce type de maltraitance le sont :
Source : ONE
Avant tout, assurez-vous qu’il n’a pas de température. Si bébé a de la fièvre, gérez-la et surveillez l’évolution. Vérifiez ensuite ses besoins de base : a-t-il faim ou soif ? La couche est-elle propre ? Est-il trop couvert ou pas assez ?
Si tout semble OK, testez l’une ou plusieurs de ces actions :
Vous avez vérifié que rien d’urgent ne clochait, et pourtant bébé pleure toujours. Que faire ?
Commencez par écouter vos ressentis (fatigue, agacement, colère) et adoptez ensuite un rituel court pour vous recentrer :
Il vaut mieux un bébé qui pleure un moment dans son lit, en sécurité, qu’un geste de trop sous le coup de la fatigue.
En cas d’urgence immédiate, si vous êtes témoin de maltraitance, appelez la police via le 101.
Si vous suspectez un secouement (même ancien) : contactez le 112 (ambulance) ou rendez-vous directement aux urgences (pédiatriques si possible). Expliquez calmement ce qui s’est passé ou ce que vous craignez (les lésions peuvent être invisibles au début).
Si vous avez besoin d’une écoute, de parler à des personnes formées autour du sujet, vous pouvez contacter :
Article mis à jour le 3 avril 2026.