Les pleurs du nourrisson sont parfois longs, fréquents et imprévisibles – surtout entre 2 et 4 mois. Manque de sommeil, isolement, charge mentale, stress… Dans ces moments d’épuisement, un adulte dépassé peut secouer un bébé pour « faire cesser les pleurs ».

Pourtant, même une seule secousse peut provoquer des lésions graves. C'est pourquoi secouer un bébé est considéré comme une maltraitance, même si le geste est impulsif. 

En effet, les muscles du cou d’un nourrisson sont encore insuffisamment développés, ce qui implique des mouvements trop importants de la tête en cas de secousses. De plus, le cerveau « flotte » encore dans sa boite crânienne et il se cogne ; des vaisseaux se déchirent.

Hémorragies cérébrales et rétiniennes, lésions cervicales, convulsions, troubles respiratoires ou neurologiques (handicap, troubles cognitifs, cécité) voire décès. Les séquelles potentielles sont nombreuses.

Les signes d’alerte à surveiller sont : somnolence inhabituelle, irritabilité extrême, vomissements sans raison évidente, difficultés à respirer, tremblements, convulsions, perte de tonus, troubles de l’alimentation. C’est une urgence médicale.

La tête d’un bébé est en fait relativement lourde par rapport au reste du corps (12% du poids du corps contre 2% à l’âge adulte).

En Belgique, les bébés victimes de ce type de maltraitance le sont :

  • du père dans plus de 50% des cas
  • d’une personne proche de la mère dans environ 15% des cas
  • de la mère, d’un·e puériculteur·rice ou d’un·e accueillant·e de l’enfant

Source : ONE

Avant tout, assurez-vous qu’il n’a pas de température. Si bébé a de la fièvre, gérez-la et surveillez l’évolution. Vérifiez ensuite ses besoins de base : a-t-il faim ou soif ? La couche est-elle propre ? Est-il trop couvert ou pas assez ?

Si tout semble OK, testez l’une ou plusieurs de ces actions :

  • contact : prenez votre bébé contre vous, en peau à peau si possible
  • toucher apaisant : massez doucement le ventre dans le sens des aiguilles d’une montre
  • ambiance « cocon » : baissez la lumière, limitez le bruit et les sollicitations visuelles
  • sons doux : berceuses, musique calme ou bruit blanc peuvent l’aider à s’apaiser
  • mouvements réguliers : utilisez un porte-bébé ou la poussette pour une courte promenade ; ou bercez-le avec des gestes lents et rythmés
  • succion : proposer une tétine peut favoriser le relâchement
  • bain tiède : un bain à 37°C peut détendre (restez toujours à portée de main, sans jamais le laisser seul)

Vous avez vérifié que rien d’urgent ne clochait, et pourtant bébé pleure toujours. Que faire ?

Commencez par écouter vos ressentis (fatigue, agacement, colère) et adoptez ensuite un rituel court pour vous recentrer :

  • posez bébé en sécurité : allongez-le sur le dos dans son lit, puis sortez de la pièce quelques minutes
  • respirez : longues inspirations/expirations profondes, une dizaine de cycles
  • déchargez la tension : serrez un coussin, mettez une musique apaisante, laissez couler vos larmes, prenez une rapide douche
  • activez vos soutiens : appelez un proche (co-parent, famille, voisin de confiance) pour parler, prendre le relais, ou simplement ne pas rester seul·e

Il vaut mieux un bébé qui pleure un moment dans son lit, en sécurité, qu’un geste de trop sous le coup de la fatigue.

En cas d’urgence immédiate, si vous êtes témoin de maltraitance, appelez la police via le 101.

Si vous suspectez un secouement (même ancien) : contactez le 112 (ambulance) ou rendez-vous directement aux urgences (pédiatriques si possible). Expliquez calmement ce qui s’est passé ou ce que vous craignez (les lésions peuvent être invisibles au début).

Si vous avez besoin d’une écoute, de parler à des personnes formées autour du sujet, vous pouvez contacter :

  • 1712 – Ligne d’écoute pour des questions sur la violence, l’abus et la maltraitance des enfants
    Gratuit et anonyme, du lundi au vendredi de 9h à 18h. Contact par mail 24/7. Chat disponible dans certains créneaux.
  • 103 – Écoute-Enfants (pour enfants et ados, mais aussi adultes inquiets pour un enfant)
    Gratuit et anonyme, 24/7. Chat disponible.
  • SOS Enfants – accompagnement de l’ONE en cas de suspicion de maltraitance d’un enfant.
    Les données ne sont pas traitées de manière anonyme !
    Trouvez votre équipe locale via my.one.be (rubrique « SOS Enfants »)

Article mis à jour le 3 avril 2026.